La drogue dans mon verre

Depuis nombres d’années, les médias tentent  de prévenir la population contre le GHB, la fameuse «drogue du viol», et sa consommation involontaire dans certains bars de la région. Chez Élixir, nous désirons nuancer certaines prémisses et surtout vous donner de l’information juste et neutre sur la consommation de substances psychoactives, dont le GHB et l’alcool.

Il nous semble important de souligner que le GHB n’est pas la drogue du viol pour plusieurs raisons. À bien y réfléchir, il n’existe pas de drogue du viol. Personne ne choisit de consommer une substance à des fins de se faire agresser sexuellement. Il n’y a qu’un(e) agresseur(e), les moyens qu’il/elle utilise pour prendre l’avantage sur l’autre et la personne qui subit l’agression. Également, et le GHB est consommé tant volontairement qu’involontairement avec ou sans l’intention d’avoir une relation sexuelle consentante.   Puis, s’il devait y avoir une substance associée aux agressions sexuelles, c’est bel et bien l’alcool. L’ajout d’alcool dans le verre de quelqu’un, encourager quelqu’un à dépasser ses limites et être en état d’intoxication, pousser la personne à boire des verres à plus grand pourcentage d’alcool et/ou de façon plus rapide pour augmenter l’intoxication sont des moyens utilisés pour rendre l’autre personne plus vulnérable.

Parce que sans GHB, il y a quand même de la «drogue» dans notre verre. L’alcool et le GHB sont des substances psychoactives similaires, elles font toutes deux parties de la catégorie des dépresseurs. C’est-à-dire qu’elles diminuent le rythme cardiaque, le rythme respiratoire, l’anxiété et les inhibitions ainsi que la motricité et la vigilance. Le GHB peut être consommé à des fins récréatives et volontaires de manière sécuritaire.

Toutefois, gardons en tête que toute consommation de substance présente des risques. Les effets de «blackout», de perte importante de motricité et les risques d’anesthésie générale, de coma ou de mortalité sont présents lorsqu’il y a une surdose de cette substance ou un mélange avec l’alcool.

Une ambiance plus sexuelle, dans un bar, peut jouer sur l’effet de notre substance. Tant les écrans qui projettent des vidéos séduisants, l’uniforme du personnel que l’attitude de la foule, cela amène des situations sexualisées. 

Alors que l’inhibition est au rendez-vous, certains trouveront plus facile d’approcher les personnes qui attirent leur intérêt. Toutefois, cette ambiance ou le comportement de séduction ne garantit en rien le consentement des personnes à consommer du GHB, davantage d’alcool et/ou de subir un comportement sexuel. Même si une personne a fait le choix de consommer une grande quantité d’alcool, elle peut ne pas avoir considéré la loi de l’effet et avoir dépassé ses limites sans s’en rendre compte. Elle peut également s’être fait ajouter de l’alcool dans son verre sans son consentement ou avoir reçu de la pression pour consommer davantage, par ses paires ou par le personnel. Alors que le code d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques interdit l’incitation à consommer abusivement de l’alcool, le personnel de certains établissements peut avoir tendance à inciter la clientèle à consommer. Lorsque le/la serveur(se) retire les verres d’eau et continu de demander si la table désir des consommations avec insistance, cela peut être perçu comme de la pression à consommer. Il est important de rester hydrater lorsque l’on consomme des substances psychoactives.

Toutes substances psychoactives amènent des risques. Afin de réduire les conséquences négatives liées à la consommation volontaire, il est important de s’informer sur la loi de l’effet. Celle-ci explique que l’effet d’une substance psychoactive varie toujours de cette dernière, de l’individu qui la consomme et du contexte dans lequel elle est consommée.  Comprendre la loi de l’effet, s’informer et prévoir son moment de consommation, que ce soit l’alcool, le GHB ou autre substance, c’est de mettre les chances de son côté pour passer un bon moment.

En conclusion, le GHB est une substance psychoactive qui déprime l’organisme comme le fait l’alcool. La prise de cette substance en trop grande quantité ou mélangée avec de l’alcool peut causer des effets de surdose. Cette situation est rechercher dans les situations d’abus sexuelles afin de prendre contrôle sur la personne qui se retrouve plus vulnérable. Cependant, l’alcool reste la substance la plus commune lors des agressions sexuelles. Peu importe le type de consommation, volontairement ou involontairement, l’effet de celle-ci différera selon la substance, l’individu et le contexte.

Chaque personne est la mieux placée pour se connaître; ajouter une substance sans le consentement ou presser une personne à consommer est dangereux, irrespectueux et criminel.

S’il arrive que vous soyez témoin d’une situation où une personne utilise une substance psychoactive (alcool ou autres drogues) afin de provoquer l’intoxication chez une autre personne et/ou profite de l’intoxication d’autrui, n’hésitez pas à visiter notre site : www.elixir.qc.ca/soispro/ afin de reconnaître les violences à caractère sexuel et agir de façon appropriée en favorisant la sécurité de tous. Vous y trouverez également des ressources pour les personnes témoins, survivantes et agresseuses.

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