L’intersectionnalité

Contrairement à certaines situations presque normalisées, en règle générale, il est observé que les femmes vivent davantage d’impacts négatifs liés à leur consommation de substances psychoactives.

Dans cet ordre d’idée, les femmes ont plus de chance de subir des discriminations liées à leur consommation. C’est dans cette perspective qu’Élixir est un organisme communautaire féministe. Nous luttons avec les femmes pour un changement social égalitaire, dans un système d’oppression et individualiste en redonnant du pouvoir aux femmes tout en favorisant la solidarité et l’inclusion sociale.

Toutefois, qu’en est-il des femmes faisant partie de groupes marginalisés qui vivent d’autres formes d’oppression systémique? Afin de lutter contre ces oppressions, Élixir travail avec ces femmes dans une approche de féminisme intersectionnel.

En 1991, Kimberlé W.  Crenshaw à mis en lumière le concept d’intersectionnalité. C’est ce concept clef qui permet d’inclure au sein du féminisme les femmes qui vivent tant du sexisme que du racisme, du « classisme* », de l’homophobie et/ou de l’hétérosexisme, de la transphobie, de l’âgisme, etc.

Autrefois, le féminisme répondait aux femmes blanches, hétérosexuelles, cisgenre, appartenant à la classe moyenne ou supérieure. Les luttes menées ne répondaient donc pas aux autres femmes qui malgré les acquis du mouvement féministe, rencontraient de multiples discriminations et qui ne les plaçaient pas au même pied d’égalité que les femmes plus privilégiées. À la fin des années 1960, des groupes de femmes noires américaines ont commencés à militer contre les discriminations qu’elles vivaient et qui n’étaient pas soulignées ni par les mouvements féministes du temps, ni par les mouvements antiracismes.

Bien que Kimberlé W.  Crenshaw ait amené le concept d’intersectionnalité, c’est Patricia H. Collins qui, en 1990, met de l’avant dans son premier livre : « Black Feminist Thought »,  les oppressions multiples reliées à un système patriarcal blanc qui s’est construit à travers l’histoire.

La reconnaissance de la réalité de ces femmes est importante afin de comprendre les différentes formes d’oppression et comment elles s’entrecroisent.

Cette compréhension amène une analyse plus poussée sur les politiques sociales, les conséquences personnelles et systémiques ainsi que l’accès aux ressources d’aide selon le rôle social, le statut social et les composantes identitaires de ces femmes.

Ainsi, le mouvement féministe intersectionnel peut lutter contre les discriminations et les injustices sociales dans une perspective d’inclusion des femmes marginalisées ou faisant partie de minorités afin de favoriser l’accès de toutes à l’égalité.

* Classisme: Discrimination liée à la hiérarchisation de la classe sociale à laquelle appartient la personne, notamment selon son statut économique.

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