Le cannabis et les menstruations

Fanny-Louise Senécal,  intervenante sociale

Bien que le cannabis soit une substance psychoactive légale depuis 2018, au Canada, il y a peu de documentation scientifique sur l’impact du cannabis sur les menstruations. Pourtant, environ 20% des femmes, en 2020, sont des consommatrices de cannabis.

Les menstruations concernent toutes personnes avec un utérus. Nous désirons souligner le manque flagrant de statistiques et de documentations scientifiques selon la diversité de genres et avec une perspective intersectionnelle.

Nous savons toutefois que le cannabis peut perturber le cycle menstruel chez certaines personnes, il peut avoir un effet sur la douleur menstruelle et sur la grossesse. Cependant, tout nous porte à croire que ces conséquences de la consommation de cannabis sont à court terme et réversible à l’arrêt du cannabis.

Pour bien comprendre l’impact du cannabis sur les menstruations, il est important de savoir quelles sont les hormones qui entrent en jeu. Tout d’abord, au début du cycle de 28 jours (varient selon les femmes) le cerveau sécrète de l’hormone folliculo-stimulante (FSH) afin d’avoir un ovule prêt à être fécondé. Au 14ème jour avant les menstruations, l’hormone lutéinisante (LH) est sécrétée et permet l’ovulation et ainsi la fécondation. Puis, la progestérone ainsi que l’estrogène sont sécrétées mais leur taux descend jusqu’à l’arrivée des règles. Le THC semble avoir un effet particulièrement sur la FSH et la LH et semble retarder ainsi l’ovulation. Cela a pour conséquence de diminuer aussi la progestérone et l’œstrogène.

Qu’est-ce que cela peut-il bien changer? En fait, les changements hormonaux ont un impact sur le flux menstruel et la régularité du cycle menstruel. Ainsi, une personne peut avoir un saignement plus ou moins abondant, peut ne pas avoir ses règles ou avoir un cycle irrégulier ce qui rend les tentatives de conception plus difficiles. On peut aussi croire que, pour une femme en pré ménopause, le niveau d’estrogène plus bas représenterait ainsi des risques puisque cette hormone aiderait à protéger les os, le cerveau et le cœur. Toutefois, il existe peu de preuves scientifiques qui font une corrélation entre la consommation de cannabis et le niveau d’estrogène suffisant en période de pré ménopause.

Bien que le cannabis peut avoir un effet sur le cycle menstruel, certaines personnes vont le consommer afin de réduire les douleurs physiques qu’elles peuvent ressentir. Ce serait le cas pour 80% des femmes dans le monde. Dr John Thief, le chef provincial du Département d’obstétrique-gynécologie de l’Université de la Saskatchewan, a permis de comprendre pourquoi le CBD peut soulager les douleurs pelviennes. En effet, une de ses études à permis de découvrir la présence de récepteurs cannabinoïdes au niveau des organes génitaux féminins. Ce qui expliquerait que 60% des volontaires à son étude aient ressenti un soulagement grâce à la consommation de cannabis médicinal pendant leur menstruation. Le CBD aurait des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques qui inciterait les récepteurs cannabinoïdes à envoyer le message que le corps n’a pas besoin de ressentir cette douleur.

Certaines personnes éprouvent de plus grandes douleurs liées à leurs menstruations. C’est le cas pour les personnes atteintes d’endométriose. Une maladie qui touche l’endomètre, le tissu qu’on devrait retrouver dans l’utérus, mais pour ces personnes qui se développe dans la région pelvienne et engendre de l’inflammation, de la douleur et d’autres complications. Pour les personnes qui souffrent d’endométriose (une femme sur 10), la consommation de cannabis médicale à des fins de gestion de la douleur peut sembler attrayante! Toutefois, nous vous conseillons fortement d’en discuter avec votre médecin ou votre gynécologue avant d’utiliser cette façon de gérer la douleur.

Selon les statistiques, les femmes noires et hispaniques seraient moins affectées par l’endométriose. Nous doutons toutefois de cette information puisque les personnes, particulièrement les femmes, de la diversité culturelle sont moins crues lorsqu’elles se plaignent de douleurs.

Finalement, le cannabis peut aussi avoir un effet sur la grossesse. Il est déconseillé de consommer du cannabis lors de la grossesse et de l’allaitement puisque le THC peut traverser le placenta et être présent dans le lait maternel. Cela peut avoir un impact sur le fœtus, notamment un retard de croissance, un retard neurologique et/ou une prématurité à la naissance.  Les personnes qui ont été exposées au THC lors de leur développement prénatal seraient plus susceptibles à des troubles du comportement, à l’impulsivité et au déficit de l’attention.

Étant donné le peu d’information que nous avons sur les impacts du cannabis sur les menstruations, nous vous invitons à surveiller, en tant que consommatrice·teur de cannabis, les variations dans votre cycle menstruel selon votre consommation en utilisant un calendrier et/ou un journal.

Si vous avez des questions sur votre consommation de cannabis, c’est avec plaisir que nous vous aiderons. N’hésitez pas à nous communiquer au 819 562-5771 ou au info@elixir.qc.ca.

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